Mémoires d'Ici - Dossiers web - Laurent Boillat, graveur et sculpteur

Laurent Boillat, graveur et sculpteur

L'amitié avec Roland Stähli

Laurent Boillat et Roland Stähli font connaissance en 1932, lorsque Roland Stähli se prépare à l’examen d’admission à l’École normale des instituteurs à Porrentruy et que Laurent Boillat lui donne des leçons particulières.

Dans une présentation de l’artiste en 1995, Roland Stähli se rappelle : « Laurent n’avait-il pas été, dès mon adolescence, l’homme dont je me sentais le plus proche ? ... J’aime me souvenir de notre jeunesse lointaine, quand Laurent était instituteur sans place et... sans argent, puis quand il fut nommé à la tête d’une classe de Tramelan-Dessous, quand j’étais moi-même Normalien au porte-monnaie plat, et que nous nous retrouvions pendant les vacances estivales. Nous avions alors maintes discussions diurnes et nocturnes qui se prolongeaient avec des commentaires admiratifs devant des reproductions d’art dont on sourirait aujourd’hui en raison de leur pauvre qualité... »
Son école normale achevée, Roland Stähli est nommé à son tour instituteur à Tramelan-Dessus. Les deux hommes se retrouvent. Ils partagent leurs goûts au sein de la Société littéraire et artistique et réfléchissent au lancement de la Revue Transjurane.

Après la Seconde Guerre mondiale, Laurent Boillat est courtisé par Roland Béguelin. Lorsqu’il illustre Le Réveil du peuple jurassien, un exposé historique de Roland Béguelin, et Noël au pays des grands toits, six nouvelles de Roland Béguelin, puis donne quelques caricatures au Jura libre, l’hebdomadaire du Rassemblement jurassien, son amitié avec Roland Stähli se met entre parenthèses. Une rivalité tenace oppose Béguelin à Stähli. Elle remonte à l’époque de la deuxième série de la Revue Transjurane, lorsque Béguelin tente d’imposer son ascendant sur le comité rédactionnel. Par la suite, elle se nourrit de visions antagonistes sur les valeurs suisses et s’intensifie durant les années de braise de la Question jurassienne. On ne peut être à la fois l’ami de Béguelin et celui de Stähli.

Quand Laurent Boillat rompt avec le Rassemblement jurassien, il renoue avec Roland Stähli. Plus tard, ce dernier écrira : « Entre Laurent et moi, se produisit, il y a un certain nombre d’années, une interruption dans nos relations amicales, interruption due à la malice des temps et aux intrigues des gens.
Mais, quand nous nous retrouvâmes, en particulier lorsqu’il accepta d’illustrer l’Histoire de Tramelan et d’en dessiner les couvertures des deux tomes, nous constatâmes avec la plus grande joie que nous étions de nouveau très proches l’un de l’autre et que notre amitié était toujours là, vivante. »

Laurent Boillat, jeune instituteur à Tramelan-Dessous


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