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Les verriers de Moutier

La Verrerie de Moutier au 19e siècle

 

 

En 1841, Célestin Chatelain achète la tuilerie située à l’entrée des Gorges de Court et trois autres terrains voisins, dans le but de se lancer dans la production de verre à vitre. En 1842, la Verrerie de Moutier commence son exploitation.

 

En 1857, l’entreprise compte quatre souffleurs, deux étendeurs, deux ou trois coupeurs et une trentaine de manœuvres. Elle prend vite de l’ampleur, diversifiant sa production: verres à vitre, pour toitures, pour gravures et photographies, pour serres, carreaux pour lanternes à gaz, etc. Elle devient le complexe industriel le plus important du Jura. Elle reçoit une distinction de l’exposition industrielle suisse à Berne pour la qualité de sa production (1857). Elle réalise un pavillon en verre pour l’Exposition nationale de Zurich (1883) qui sera très remarqué.

 

En 1883, Alfred, le fils de Célestin, vend ses propriétés à son gendre Anselme Marchal, qui fera faillite en 1892. Dès lors, la Verrerie de Moutier passera en diverses mains.

Célestin Chatelain, 1841 (Musée du tour automatique et d'histoire, Moutier)

La fabrication du verre à vitre

Dans la verrerie, on trouvait un four à quatre creusets. Les matières premières étaient mélangées, mises dans les creusets et chauffées à 1000 degrés. Il fallait environ 6 stères de bois pour une fonte.

Lorsque le verre était en fusion, les souffleurs commençaient leur travail. Ils cueillaient la pâte de verre avec un tube de fer d’environ 2 m (la canne) et la pétrissaient sur une plaque de fonte. Puis, ils la soufflaient en balançant leur canne dans une fosse pour en faire un cylindre plus ou moins grand selon les besoins.

Ce cylindre, fendu longitudinalement par un ouvrier, passait ensuite dans un four spécial pour être étendu en feuilles. Les étendeurs, munis de piques et de polissoirs, «repassaient» le verre jusqu’à ce qu’il fût plat et lisse.

Les unes après les autres, les feuilles de verre quittaient le four à étendre en suivant une longue galerie, où elles refroidissaient lentement et arrivaient enfin dans un atelier où les coupeurs les débitaient au diamant.

 

 

 

À Moutier, on souffla le verre jusqu’au début des années 1920, date du début de la mécanisation de la fabrication.

Peinture d'Alfred Joseph Chatelain représentant son père Alfred avec la verrerie en arrière-plan (Musée du Tour automatique et d'histoire, Moutier)

 


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