Mémoires d'Ici - Activités - Dans nos collections

Journées européennes du patrimoine, document III - Lundi à 9 heures du soir le 22 septembre. Sur la mer Baltique

Le document du mois - 08 Sep 2015

Elle avait vingt-et-un ans quand elle quitta Tavannes où elle était née pour partir en Russie, à la fin juillet 1837. Lydie-Amie Farron (1816-1895) avait terminé sa formation d'institutrice à Bienne et fut engagée comme préceptrice chez le général Ignatew à Moscou. Pendant plus de vingt ans, elle fut au service de familles russes et fit à cette occasion plusieurs grands voyages, notamment à Rome et dans le Caucase pendant la guerre de Crimée.

Journal de Lydie-Amie Farron. Mémoires d'Ici, fonds Claude Farron


Lundi à 9 heures du soir le 22 septembre [1851]
Sur la mer Baltique

Le vaisseau est en panne, tout le jour nous avons eu du brouillard et le soleil n'a pu le pénétrer ni le dissiper, le bâtiment n'a presque pas avancé parce qu'il craignait de perdre sa route. Vers le soir le brouillard a encore augmenté et on est là stationnaire, en attendant la volonté de Dieu. On a tiré plusieurs fois du canon pour avertir les autres vaisseaux de la présence d'un autre vaisseau dans les parages. Nous n'avons rencontré qu'un seul bâtiment marchand. On jetait la sonde à chaque instant. A la nuit tombante, on l'a jetée encore, puis on s'est arrêté, on a allumé une grosse lanterne qu'on a hissée au haut d'un mât, puis on a détaché du vaisseau une petite barque de sauvetage et quelques matelots se sont mis dedans, ont ramé et se sont éloignés pour voir à quelle distance on voit le fanal. Outre cela, on a allumé une torche à la proue et le bateau est revenu rendre compte au capitaine.

Journées européennes du patrimoine, document II - conditions du transport des émigrés pour l’amérique depuis bâle à amsterdam pour le mois de mars 1817

Le document du mois - 06 Sep 2015

Jean-Pierre Faigaux naît à Malleray le 22 décembre 1746. Après avoir vécu au Locle, où il a vraisemblablement entrepris un apprentissage dans l'horlogerie, il retourne dans son village d'origine en 1791. De cette date à 1817, le bourgeois de Malleray tient un journal dans lequel il inscrit jour après jour événements quotidiens et extraordinaires. Le quatrième cahier, conservé à Mémoires d'Ici, couvre les années 1814 à 1817. Il commence par l'embarquement de Napoléon à Fréjus pour l'Ile d'Elbe et se termine par l'évocation des colonnes d'émigrants suisses, poussés par la disette et le chômage à partir vers l'Amérique :

Mémoires d'Ici, fonds Jean-Pierre Faigaux

 

Les 25 - 26 mars [1817], environ 20 voitures conduisent contre Bâle une quantité de ménages, femmes et enfants de tout âge, d'hommes et de bagages qui descendent notre vallon nuit et jour pour s'embarquer sur le Rhin à Bâle le 2 avril pour l'Amérique ; une grande partie vient du Haut Erguël et des environs et des Montagnes.

Deux mois plus tôt il avait énuméré les conditions des voyageurs :


Le 12 janvier 1817

David François, fils de David Dellenbach, meunier à Champoz, est allé à Bâle se faire inscrire les premiers jours de janvier 1817 pour émigrer en Amérique avec son père, sa mère et sa sœur ; ils partiront au mois de mars, à ce qu'on assure. La souscription coûte un écu neuf par tête de grande personne. Voici la liste des frais :

Conditions du transport des émigrés pour l'Amérique depuis Bâle à Amsterdam pour le mois de mars 1817 :
1) Pour chaque personne de passé 13 ans paie des frais 13 francs de Suisse et 5 batz.
2) Les enfants de passé 3 ans jusqu'à 13 payent 6 francs 7 batz 2 crutz.
3) Les enfants de 3 ans et plus jeunes ne payent rien.
4) Pour deux personnes qui payent 27 francs y compris une caisse ou coffre de 2 ½ ou trois pieds et demi de long, 20 pouces de haut et 20 pouces de large. Quand on veut prendre davantage, on paye par quintal 8 francs sans péage.
5) Tous les frais se paient avant le départ de Bâle.
6) Les personnes qui se font inscrire paient contre quittance 40 batz à compte. Les enfants à proportion la moitié.
7) Les voyageurs se nourrissent à leur compte.
8) Les voyageurs paient les péages à part. Bâle, le 15 janvier 1817.

J.-J. Halter, J.-J. Hindenlang, batelier


Jean-Pierre Faigaux, 12 janvier 1817, pp. 177-178 

 

Journées européennes du patrimoine, document I - Paris le 7 Mars 1790

Le document du mois - 03 Sep 2015

Mémoires d'Ici, Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont)


A Monsieur
Monsieur Morel très fidèle Ministre
du St Evangile & Doyen de
la Vénérable Classe d'Erguel
à Corgémont
Val de St Imier par Belfort et Porrentrui


Charles-Ferdinand Morel, âgé alors de 18 ans, envoie cette lettre à son père le 7 mars 1790. Il est en route vers le Nord de la France, où il officiera comme ministre de camp (aumônier) au régiment de Reinach en garnison à Maubeuge. Le natif de Corgémont découvre un Paris en effervescence :

 

Je ne vous dirai pas quelle a été ma surprise de voir Paris. C'est un monde, un bruit terrible, je viens des Thuileries où je ne crois pas avoir vu moins de 6 mille personnes toutes rassemblées. La raison en est qu'ils font la revue de la milice, ration se fait aujourd'hui tout près de là, aux Champs Elysées. En passant le long de cette rue, je puis bien dire que j'ai vu plus de 200 voitures monter et descendre dans peu de temps. C'est étonnant la quantité de personnes oisives que l'on rencontre. Je ne puis pas vous dire grand chose de l'Assemblée Nationale, elle est assemblée aujourd'hui, mais comme il faut avoir des billets pour y entrer, je n'ai pas pu satisfaire la curiosité que j'aurais eu de la voir. On dit que Monsieur Necker a prononcé dernièrement un discours dans lequel il insinue que les choses sont dans un triste état. Il annonce que sa santé demande qu'il s'absente pour quelque temps, ainsi qu'il partira bientôt. Tout cela est de mauvais [augure ?]. Enfin on paraît fort inquiet, on craint très fort une banque[-route]. L'argent est fort rare ici, tout se paye presque en papier.
La supression des Régiments étrangers aura lieu, on croit que les Suisses seront tout au moins réformés. Au reste on ne peut encore rien assurer. Tout se fait fort lentement, ce qui a engagé environ 200 députés à rejoindre leurs provinces, tant ils étaient dégoûtés des affaires.

Charité bien ordonnée

Le document du mois - 18 Nov 2014

«État des pauvres, bourgeois ou non bourgeois résidant rière la commune de Sonceboz qui sont dans le cas d'être assistés pendant le 1er semestre de 1817. »

 

Source : Fonds du Doyen Morel (commune de Corgémont), à Mémoires d'Ici

 

A peine réuni au canton de Berne et entré dans la Confédération, le Jura désormais bernois est accablé par une grave sécheresse l'été 1816. S'en suivront des récoltes dérisoires, un bétail affamé, une terrible disette.
Le gouvernement bernois prend des mesures pour soulager la population et les communes, éradiquer la mendicité dans ses nouveaux territoires dépourvus de politique d'assistance. En Erguël, le bailli Albert-Frédéric de May de Schadau sollicite les lumières du pasteur de Corgémont Charles-Ferdinand Morel pour le seconder dans cette mission. Ils créent ensemble la Caisse centrale des pauvres, institution chargée d'organiser la collecte des secours et leur distribution à l'échelle du bailliage.


 Il a tout bu. Maintenant estropié et incapable de travail.

Afin de connaître avec précision la situation dans chaque commune, la Caisse présidée par Morel mène une enquête pointue et nous livre un instantané saisissant du miséreux, ici à Sonceboz en 1817 : nom, prénom, âge, activité, état civil, informations sur les enfants, secours en argent et en nature procurés par la commune, les voisins ou les paysans, infirmités ou cause de la pauvreté, observations. Ainsi Abram Vorpe, 40 ans, résidant à Sonceboz, ouvrier maréchal taillandier au Torrent, marié, 6 enfants (Emilie 12 ans, Henry 10, François 9, Auguste 7, Julie 2, 1 au berceau). «Les enfants mendient, le père gagne 4 fr. par semaine, mais cela ne suffit pas aux besoins de la famille». Quant à Jean-Pierre Monnier, 56 ans, il est sans emploi, indigent pour cause de fainéantise, il «a tout bu. Maintenant estropié et incapable de travail».

 

Nécessiteux ou indigents?

Cette première organisation doit permettre de gérer au mieux la collecte et la distribution des secours, mais elle témoigne également d'une tendance nouvelle, celle de distinguer les «bons» des «mauvais» pauvres. Il y a ceux qui méritent le plus d'être soutenus (travailleurs, veuves, vieillards, pères de famille nombreuse...) et ceux dont il faudrait avant tout réformer le comportement, cause de leur misère. Aussi, sous la houlette de la Caisse des pauvres et de Charles-Ferdinand Morel, verront bientôt le jour une caisse d'épargne à Courtelary (1829), une maison d'éducation des jeunes par le travail (home d'enfants de Courtelary, 1842) et la Société de Tempérance du Jura bernois (1837).

 

Pour en savoir plus :

dossier web Le fonds du Doyen Morel

inventaire du fonds d'archives

 

 



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"Le paradis des louves", par Kate Wagner

Le document du mois - 28 Jan 2014

Kate Wagner n'est qu'un pseudonyme. Kate Wagner s'appelle en réalité Catherine Dubenhoeffer et vit à Orvin - c'est ce que dit le Journal du Jura du 17 novembre 2013. Selon la biographie d'Aile ouest, roman qui précède Le paradis des louves, elle est née en 1964 à Strasbourg et a écrit depuis son plus jeune âge des poèmes, des textes pour journaux satiriques... et même une pièce de théâtre. ?L'écrivaine est par ailleurs aussi peintre.



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