Mémoires d'Ici - Activités - Dans nos collections

Il faut imaginer Sisyphe heureux

Le document du mois - 24 Mar 2016

 

Sérigraphie de Paul Gerber pour l'affiche de son spectacle Sisyphe et la machine à bras, 1996, 15x21cm


Paul Gerber - Paulet pour les initiés, et ils sont nombreux - fut plus qu'une figure du paysage artistique jurassien et bernois. Acteur, metteur en scène, animateur, peintre, sculpteur et bricoleur de tout, il était un insatiable créateur de vie, un volcan furieux en perpétuel bouillonnement.


Fils d’un pasteur mennonite paysan à Tramelan, il ne cessera d’exprimer un rapport physique et spirituel intense avec la Terre, la matière et les humains qui l’entourent. Il obtiendra d’ailleurs la même année une licence de théologie et un diplôme de pantomime. Nous sommes en 1975, et le processus créatif débutant ne fera que s'amplifier pour sans cesse conquérir des territoires nouveaux. Celui qui parle d’abord avec son corps fait entendre la voix de l’humanité, à travers ses propres spectacles et performances au sein de son Atelier du geste. Mais cet engagement, qui ne laisse jamais le spectateur indifférent, s’exprime tout autant dans son travail d’animation auprès de troupes professionnelles et amateures, d’écoles, d’institutions pour handicapés, ici et ailleurs.

Au début de l’année 2015, une exposition a rassemblé à Bienne les traces, parfois encombrantes, des 40 années de création: pans de décors, accessoires, costumes et surtout masques, tous nés du cerveau et des mains de Paul Gerber. Ceux qui avaient croisé la route de Paulet ont eu l’occasion de partager encore une fois les souvenirs et les expériences. Ils ont pu emporter avec eux le masque ou l’aile de papillon qu’ils avaient abandonné aux coulisses d’un spectacle.

Ils y ont aussi découvert, avec un peu de stupéfaction sans doute, les dizaines de caisses renfermant les archives protéiformes attestant du travail de l’artiste, réunies là par ses proches sous la vigilante attention de Ralph Thomas, infatigable compère et président de l’association Atelier du geste.

Ces documents, apprivoisés tant bien que mal, sont désormais conservés et accessibles à Mémoires d’Ici.

 

Descriptif et inventaire du fonds Paul Gerber

Procès et confessions pour sorcellerie sur la Montagne de Diesse

Le document du mois - 14 Jan 2016

Mémoires d'Ici, Eglise réformée jurassienne

A l'occasion de la mise en ligne d'un manuscrit du XVIIe siècle, Mémoires d'Ici sort ce document unique de ses fonds et le présente au public

Au XVIIe siècle, la chasse aux sorcières fait rage dans l'ensemble de l'Europe. Partout on accuse, on juge, on brûle. C'est une véritable épidémie. La Montagne de Diesse n'est pas épargnée. En témoigne un manuscrit datant du XVIIe siècle qui rapporte 67 procès et confessions de sorciers et de sorcières condamnés entre 1611 et 1667 durant 12 périodes de jugement. Les confessions des 56 femmes et 11 hommes, transcrites dans leur forme définitive par les greffiers de justice, étaient relues à l'accusé au moment du jugement pour que celui-ci les confesse publiquement.

Le manuscrit appartient au Synode de l'Arrondissement ecclésiastique du Jura de l'Union synodale réformée évangélique Berne-Jura. Il est déposé depuis 2004 à Mémoires d'Ici, Centre de recherche et de documentation du Jura bernois à Saint-Imier.

 

Ce document hors du commun est désormais consultable en ligne à l'adresse:

http://www.e-codices.unifr.ch/fr/searchresult/list/one/mdi/FER-0001

 

Présentations publiques du document :

 

· Nods, à la Salle du battoir, le 20 janvier 2016, 19h30. Pour poursuivre les discussions, un verre de l'amitié sera offert par la Commune de Nods à l'issue de la présentation

· Diesse, à la Salle du battoir, le 19 février 2016, à 19h30. Pour poursuivre les discussions, un verre de l'amitié sera offert par la Commune du Plateau de Diesse à l'issue de la présentation.

· La Neuveville, Cave de Berne, le 16 mars 2016, à 20h. Pour poursuivre les discussions, un verre de l'amitié sera offert par la Commune de La Neuveville à l'issue de la présentation.

 

La présentation de Mémoires d'Ici permettra de découvrir le manuscrit dans sa matérialité et de comprendre comment un tel recueil a pu se constituer. Les feuillets intercalaires par exemple ont été fabriqués à Bassecourt, par Jean-Baptiste Guerdat. Elle sera aussi l'occasion de s'interroger sur les raisons qui ont poussé des hommes et des femmes à accuser leurs concitoyens jusqu'à les condamner à mort.

 

 

 

Pour un hôpital de Tramelan !

Le document du mois - 04 Nov 2015

En 1925, le peintre biennois Philippe Robert réalise une estampe qui servira de « carte de membre de l'Hôpital de Tramelan ». Pourtant, aucun hôpital n'a jamais été édifié dans la commune ! Ce n'est néanmoins pas par manque de volonté de ses habitants !
Entamé concrètement en 1918, le processus de création mobilisera longtemps autorités et population. L'émission de la carte de membre de l'Association de l'Hôpital de Tramelan, mise en circulation en novembre 1927, marque une étape dans ce projet. Si elle devait permettre à ses possesseurs de « jouir de facilités financières lorsqu'ils seraient traités à l'Hôpital », elle était surtout la marque du soutien de la population.
Après ce sursaut, le projet connaîtra un premier passage à vide jusqu'en 1931, date à laquelle il est réactivé, avant de sombrer à nouveau dans l'oubli. Le développement d'un hôpital de district à Saint-Imier sonne le glas de cette ambition. Dès lors, l'idée de bâtir une infirmerie avec les fonds réunis fait surface, sans réelle concrétisation cependant. Créée en 1974, la fondation Pro-Médicale Tramelan s'occupera de la gestion de la fortune. Les fonds seront utilisés en 2010 pour financer l'acquisition d'appareils médicaux qui sont en pleine fonctionnalité aujourd'hui au Centre médical de Tramelan. L'esprit des pionniers a été respecté !

 

On connaît Philippe Robert (1881-1930) pour avoir réalisé les peintures murales de la salle d'attente de la gare de Bienne ou celles de l'église de Chaindon, ainsi que ses vitraux. Ses aquarelles Flore alpine, Feuilles d'automne ou Fleurs du Jura mêlent, tout en délicatesse, précision scientifique et ornementation.

Document tiré du Fonds Alain Droz. Carte de membre de l'Hôpital de Tramelan, 1925, 31 x 42 cm

 

Pour en savoir plus sur l'histoire de Tramelan : lire la série passionnante d'Alain Droz Tramelan : la chronique locale, vol. 5-11, 1909-1939.

Le fonds d'archives Hôpital de Tramelan est accessible à Mémoires d'Ici.

Sur Philippe Robert voir le site de la Fondation Collection Robert : www.collection-robert.ch/f/ds_61.php

 

Journées européennes du patrimoine, document VI - Varsovie, 1955

Le document du mois - 11 Sep 2015

En 1955, l'Europe est divisée en deux blocs. Pour se rendre dans « les pays de l'Est », il faut une autorisation. Quelques Suisses se rendent en train au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants début août à Varsovie. De ce voyage « derrière le Rideau de fer », Yvette Wagner-Berlincourt, accompagnée de son mari, ramènera un album de photographies et d'articles qu'elle publiera dans la presse. Elle emportera aussi un univers tourné vers la Russie qui nourrira son œuvre d'écrivaine.

Tiré de l'album d'Yvette Wagner-Berlincourt : affichette du 5e festival mondial de la jeunesse et des étudiants pour la paix et l'amitié, Varsovie, 31 juillet au 14 août 1955.

Mémoires d'Ici, fonds Yvette Wagner-Berlincourt

 

Journées européennes du patrimoine, document V - Fiesta à la Prévert

Le document du mois - 10 Sep 2015

Il y eut Jacques Prévert, Robert Desnos, Paul Eluard, Paul Claudel ou Tristan Tzara. Il y eut Meret Oppenheim, Francine Simonin, Pierre Alechinsky, John Armleder, Rolf Iseli, Bram Van Velde, Fernando Arrabal, Samuel Buri, et tant d'autres... Les uns publièrent leurs textes inédits dans la Revue Transjurane créée à Tramelan, les autres offrirent leurs œuvres à la Revue d'art Trou, éditée à Moutier.
Il y eut aussi Juliette Greco, Claude Nougaro, Barbara et Léo Ferré au CCL de Saint-Imier ; Fernandel, Maurice Chevalier et Pauline Carton au Royal de Tavannes ; le Piccolo Teatro de Milan, le sociologue Georges Friedman ou Alfred Sauvy du Collège de France à la Quinzaine culturelle de Moutier lancée en 1968.
Si ces listes de noms expriment à elles seules l'extraordinaire effervescence culturelle au XXe siècle dans le Jura bernois, elle ne dit pas l'essentiel : les projets de tous bords ont été conduits par des hommes et des femmes passionnés, nourris de culture, ouverts à la création contemporaine.

Manuscrit de Jaques Prévert, prévu pour le numéro 1 de la 5e série de la Revue Transjurane.

Mémoires d'Ici, fonds Roland Stähli