Mémoires d'Ici - Activités - Dans nos collections

Journées européennes du patrimoine, document VI - Varsovie, 1955

Le document du mois - 11 Sep 2015

En 1955, l'Europe est divisée en deux blocs. Pour se rendre dans « les pays de l'Est », il faut une autorisation. Quelques Suisses se rendent en train au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants début août à Varsovie. De ce voyage « derrière le Rideau de fer », Yvette Wagner-Berlincourt, accompagnée de son mari, ramènera un album de photographies et d'articles qu'elle publiera dans la presse. Elle emportera aussi un univers tourné vers la Russie qui nourrira son œuvre d'écrivaine.

Tiré de l'album d'Yvette Wagner-Berlincourt : affichette du 5e festival mondial de la jeunesse et des étudiants pour la paix et l'amitié, Varsovie, 31 juillet au 14 août 1955.

Mémoires d'Ici, fonds Yvette Wagner-Berlincourt

 

Journées européennes du patrimoine, document V - Fiesta à la Prévert

Le document du mois - 10 Sep 2015

Il y eut Jacques Prévert, Robert Desnos, Paul Eluard, Paul Claudel ou Tristan Tzara. Il y eut Meret Oppenheim, Francine Simonin, Pierre Alechinsky, John Armleder, Rolf Iseli, Bram Van Velde, Fernando Arrabal, Samuel Buri, et tant d'autres... Les uns publièrent leurs textes inédits dans la Revue Transjurane créée à Tramelan, les autres offrirent leurs œuvres à la Revue d'art Trou, éditée à Moutier.
Il y eut aussi Juliette Greco, Claude Nougaro, Barbara et Léo Ferré au CCL de Saint-Imier ; Fernandel, Maurice Chevalier et Pauline Carton au Royal de Tavannes ; le Piccolo Teatro de Milan, le sociologue Georges Friedman ou Alfred Sauvy du Collège de France à la Quinzaine culturelle de Moutier lancée en 1968.
Si ces listes de noms expriment à elles seules l'extraordinaire effervescence culturelle au XXe siècle dans le Jura bernois, elle ne dit pas l'essentiel : les projets de tous bords ont été conduits par des hommes et des femmes passionnés, nourris de culture, ouverts à la création contemporaine.

Manuscrit de Jaques Prévert, prévu pour le numéro 1 de la 5e série de la Revue Transjurane.

Mémoires d'Ici, fonds Roland Stähli

Journées européennes du patrimoine, document IV - Cannes, La Croisette, 1927

Le document du mois - 09 Sep 2015

Fils d'un agriculteur de Corgémont, Robert Baptiste Savoye (1851-1927) est employé à la manufacture Longines dès 1871. Il gravit rapidement les échelons hiérarchiques pour devenir directeur général de la fabrique de montres et président du Conseil d'administration, de 1915 à 1927. Sa réussite professionnelle se double d'un riche parcours politique ; il a été, entre autres, Conseiller national (1912-1917).

Alice, son épouse, a engagé son temps dans les œuvres de bienfaisance. elle fut notamment la première présidente de la Crèche de Saint-Imier.

Cannes, Chamonix, Rome, Florence, Milan, Tournus... mais aussi Soleure, Pully, La Forclaz, Le Chalet à Gobet, Ouchy, Vallorbe ou Saint-Ursanne... les voyages, souvent effectués en famille, sont autant l'expression de son ascension sociale que l'occasion de converser avec ses pairs.

Robert Baptiste et Alice Savoye sur la Croisette à Canne, 1927

Mémoires d'Ici, fonds Madelaine Butticaz-Savoye

Journées européennes du patrimoine, document III - Lundi à 9 heures du soir le 22 septembre. Sur la mer Baltique

Le document du mois - 08 Sep 2015

Elle avait vingt-et-un ans quand elle quitta Tavannes où elle était née pour partir en Russie, à la fin juillet 1837. Lydie-Amie Farron (1816-1895) avait terminé sa formation d'institutrice à Bienne et fut engagée comme préceptrice chez le général Ignatew à Moscou. Pendant plus de vingt ans, elle fut au service de familles russes et fit à cette occasion plusieurs grands voyages, notamment à Rome et dans le Caucase pendant la guerre de Crimée.

Journal de Lydie-Amie Farron. Mémoires d'Ici, fonds Claude Farron


Lundi à 9 heures du soir le 22 septembre [1851]
Sur la mer Baltique

Le vaisseau est en panne, tout le jour nous avons eu du brouillard et le soleil n'a pu le pénétrer ni le dissiper, le bâtiment n'a presque pas avancé parce qu'il craignait de perdre sa route. Vers le soir le brouillard a encore augmenté et on est là stationnaire, en attendant la volonté de Dieu. On a tiré plusieurs fois du canon pour avertir les autres vaisseaux de la présence d'un autre vaisseau dans les parages. Nous n'avons rencontré qu'un seul bâtiment marchand. On jetait la sonde à chaque instant. A la nuit tombante, on l'a jetée encore, puis on s'est arrêté, on a allumé une grosse lanterne qu'on a hissée au haut d'un mât, puis on a détaché du vaisseau une petite barque de sauvetage et quelques matelots se sont mis dedans, ont ramé et se sont éloignés pour voir à quelle distance on voit le fanal. Outre cela, on a allumé une torche à la proue et le bateau est revenu rendre compte au capitaine.

Journées européennes du patrimoine, document II - conditions du transport des émigrés pour l’amérique depuis bâle à amsterdam pour le mois de mars 1817

Le document du mois - 06 Sep 2015

Jean-Pierre Faigaux naît à Malleray le 22 décembre 1746. Après avoir vécu au Locle, où il a vraisemblablement entrepris un apprentissage dans l'horlogerie, il retourne dans son village d'origine en 1791. De cette date à 1817, le bourgeois de Malleray tient un journal dans lequel il inscrit jour après jour événements quotidiens et extraordinaires. Le quatrième cahier, conservé à Mémoires d'Ici, couvre les années 1814 à 1817. Il commence par l'embarquement de Napoléon à Fréjus pour l'Ile d'Elbe et se termine par l'évocation des colonnes d'émigrants suisses, poussés par la disette et le chômage à partir vers l'Amérique :

Mémoires d'Ici, fonds Jean-Pierre Faigaux

 

Les 25 - 26 mars [1817], environ 20 voitures conduisent contre Bâle une quantité de ménages, femmes et enfants de tout âge, d'hommes et de bagages qui descendent notre vallon nuit et jour pour s'embarquer sur le Rhin à Bâle le 2 avril pour l'Amérique ; une grande partie vient du Haut Erguël et des environs et des Montagnes.

Deux mois plus tôt il avait énuméré les conditions des voyageurs :


Le 12 janvier 1817

David François, fils de David Dellenbach, meunier à Champoz, est allé à Bâle se faire inscrire les premiers jours de janvier 1817 pour émigrer en Amérique avec son père, sa mère et sa sœur ; ils partiront au mois de mars, à ce qu'on assure. La souscription coûte un écu neuf par tête de grande personne. Voici la liste des frais :

Conditions du transport des émigrés pour l'Amérique depuis Bâle à Amsterdam pour le mois de mars 1817 :
1) Pour chaque personne de passé 13 ans paie des frais 13 francs de Suisse et 5 batz.
2) Les enfants de passé 3 ans jusqu'à 13 payent 6 francs 7 batz 2 crutz.
3) Les enfants de 3 ans et plus jeunes ne payent rien.
4) Pour deux personnes qui payent 27 francs y compris une caisse ou coffre de 2 ½ ou trois pieds et demi de long, 20 pouces de haut et 20 pouces de large. Quand on veut prendre davantage, on paye par quintal 8 francs sans péage.
5) Tous les frais se paient avant le départ de Bâle.
6) Les personnes qui se font inscrire paient contre quittance 40 batz à compte. Les enfants à proportion la moitié.
7) Les voyageurs se nourrissent à leur compte.
8) Les voyageurs paient les péages à part. Bâle, le 15 janvier 1817.

J.-J. Halter, J.-J. Hindenlang, batelier


Jean-Pierre Faigaux, 12 janvier 1817, pp. 177-178