Mémoires d'Ici - Activités - Dans nos collections

Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont) retranscription de lettres de Maubeuge

Le document du mois - 01 Fév 2018

Je vous avais promis de vous donner de mes nouvelles pendant mon voyage


Au printemps de l'année 1790, Charles-Ferdinand Morel se rend à Maubeuge comme ministre de camp du régiment de Reinach. Trois années durant, il accompagnera les soldats jurassiens dans leur vie spirituelle. Dix-neuf lettres écrites à ses parents ont été conservées de cette époque charnière dans la formation du jeune homme. Celui-ci vient de terminer ses études en théologie à Bâle où il a été consacré ; il retournera en Erguël en 1793, chargé des idées de la Révolution française.

Durant ses années françaises, Morel découvre l'effervescence politique et devient même secrétaire du Club des jacobins local. La correspondance qu'il entretient avec sa famille reflète le regard du jeune homme de 18 ans sur son monde en changement. Pour motiver son retour, il écrira : Mais je vois les choses sous des couleurs sinistres. La Révolution n'est que commencée. Elle est bien faite dans les esprits ; mais elle n'est pas mûre en exécution. Elle ne marche pas comme elle devrait. Des partis se forment. Les uns pour la détruire, d'autres pour en modifier les effets, et un autre pour la soutenir. Dans cette fermentation, on ne peut s'attendre qu'à des événements douloureux et, pour les éviter, je crois que s'en éloigner quand on le peut est un parti que dicte la prudence (lettre n° 51, 19 juin 1792). Ou encore, soucieux de ce qui se passe au pays : On dit ici que le prince de Porrentruy fait venir des troupes de l'Allemagne. Un papier disait hier que l'empereur avait demandé aux Bâlois de pouvoir passer sur leur territoire et qu'ils avaient répondu qu'ils en déféraient à la décision des 13 cantons. Cela est-il vrai ? Et pourquoi le prince aurait-il besoin de troupes ? (lettre n° 43, 21 février 1791)

Ses lettres sont aussi intéressantes dans les détails qu'elles recèlent. Il faut lire le récit des voyages de Morel : La voiture que j'eus n'était qu'une mauvaise charrette recouverte, et conduite par une haridelle qui, à tous les défauts qu'elle possédait, réunissait celui d'être aveugle (lettre n° 42, 6 avril 1792). Ou la transmission des missives : Je crois vous avoir déjà écrit que j'oubliais de désigner sur l'adresse les endroits par où elle devait passer pour vous arriver ; et ignorant le pays où était situé Corgémont, on l'aura gardée ou brûlée au bureau (lettre n° 50, le 23 avril 1792). J'ai reçu ma lettre par Bâle cette fois pour qu'elle ne risque pas d'être ouverte à Porrentruy comme on soupçonne que cela arrive quelquefois (lettre n° 46, 9 août 1791). Ses descriptions furtives de Paris, d'Arras, de Lille ou de Strasbourg sont des témoignages captivants.

Il faut saisir aussi l'importance de remarques pour la compréhension du commerce de l'horlogerie : Se promenant un jour pendant l'hiver passé sur la route chaussée de Maubeuge, il fit la rencontre d'un voyageur à cheval qui, l'ayant abordé, s'informa s'il n'était par hasard pas horloger. Apprenant qu'il en avait fait un apprentissage pendant trois ans, il lui propose d'accepter du service dans leur maison, en disant qu'ayant formé le projet d'entreprendre un commerce en horlogerie, il lui faudrait un homme qui le seconde dans cette partie. (lettre n° 50, 23 avril 1792). Morel lui-même mentionne plusieurs fois les montres et les boîtes de mouvements dont les Raiguel le chargent et pour lesquelles il reçoit de l'argent.

Mémoires d'Ici, Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont)

Ces lettres ont été retranscrites par Rosa Steiner, bénévole à Mémoires d'Ici, et ont été relues par Raphaël Becker, stagiaire. Leur contenu est mis en ligne sur notre site à l'occasion de la Journée d'études sur le Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont).
Retranscription des lettres, fichier PDF

A lire en complément : 

M. le pasteur Simon, « Charles-Ferdinand Morel comme aumônier du régiment de Reinach 1790-1792 (d'après sa correspondance) », Actes de la Société jurassienne d'émulation, vo. 44 (1939), p. 65-76 https://www.e-periodica.ch/digbib/view?pid=asj-006:1939:44#96 

 

Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont) retranscription de lettres à ses parents

Le document du mois - 15 Jan 2018

Votre très humble et très obéissant fils Morel

Charles-Ferdinand Morel a 13 ans lorsqu'il quitte Corgémont pour aller étudier la théologie à Bâle, où il sera consacré en 1789. Les lettres qu'il adresse à ses parents de son séjour dans la ville rhénane montrent un jeune adolescent devenir adulte. On le suit pas à pas dans les étapes de sa formation - et dans celle de son émancipation.
Ces lettres contiennent également quantité de détails sur la vie quotidienne. Les conditions de voyage, l'achat des rames de papier, de thé ou de pommade, l'acquisition des livres par encan, la confection des vêtements que l'on porte, la bienséance en société, les bals que l'on découvre et les visites de courtoisie que l'on doit faire... 

Mémoires d'Ici, Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont)


Ces lettres ont été retranscrites par Rosa Steiner, bénévole à Mémoires d'Ici, et ont été relues par Raphaël Becker, stagiaire. Leur contenu est mis en ligne sur notre site à l'occasion de la Journée d'études sur le Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont).

Retranscription des lettres, fichier PDF

 

Voyager par les livres anciens

Le document du mois - 01 Nov 2017

Pour fêter le vingt-cinquième anniversaire de la Bibliothèque régionale de Saint-Imier, Mémoires d'Ici sortira quelques ouvrages d'exception de ses rayons, les présentera et lira des extraits de récits de voyage.



Voyager par les livres anciens
Mardi 7 novembre 2017, à 19h30
Salle de Rameaux, Rue du Midi 6, 2610 Saint-Imier
Entrée libre


 

Quel intérêt le Jura bernois a-t-il aux yeux des voyageurs du 19e siècle ? Placée à l'écart des grandes routes du tourisme naissant, la région n'est que peu évoquée dans les guides de l'époque. Pourtant, ces Guides du routard avant l'heure, qui s'arrêtent souvent aux mêmes lieux, offrent un regard intéressant sur notre contrée. Cartes de géographie et gravures, descriptions d'hôtels et de restaurants, relais de chevaux, curiosités régionales... les informations contenues dans ces livres disent à leur façon comment les visiteurs extérieurs ont perçu notre région. Les voyageurs racontent, souvent brièvement, leurs découvertes : ils décrivent les paysages qui s'offrent à eux, rapportent les émotions qui les traversent, relatent les accidents qu'ils ont vécus.


Extraits de : Souvenirs de Madame Vigée Le Brun, Paris, 1869 

Si vous avez peur des précipices

Aimable comtesse, si vous avez peur des précipices, je ne vous engage pas à suivre la route de l'évêché de Bâle ; vous pourriez bien n'y éprouver d'autre sensation que le mal de la peur ; les précipices sont à perte de vue, et sans parapets ni barrières ; on les trouve à la droite du chemin ; d'énormes rochers à pic bordent le côté gauche. Il s'en est peu fallu que je ne sois tombée dans ces abîmes. Le cheval qui menait ma voiture allait de droite à gauche au bord des précipices. Le chemin était étroit. Tout à coup mon cheval se cabre ; le sang lui sort des narines et jaillit sur les vitres de ma voiture : le cocher descend pour arrêter le cheval, qui bondissait toujours. J'avoue que j'étais fortement effrayée ; je dissimulais ma peur pour ne pas augmenter celle de ma chère compagne Adélaïde ; le ciel eut enfin pitié de nous. Au moment même où nous étions emportées dans les précipices, un homme (le seul que nous ayons rencontré sur cette route) vient à nous, ouvre la portière et nous fait descendre ; puis aussitôt il se réunit au cocher pour retenir le cheval et lui relâcher le harnais ; le col de la pauvre bête était trop serré, et le sang lui avait porté à la tête. Nous étions certainement perdues sans ce bon paysan ; j'ai voulu le récompenser, mais il m'a refusée, en disant : « Je suis heureux de m'être trouvé là. » Que Dieu le bénisse pour prix du service qu'il nous a rendu.


Extraits de : Madame de Gauthier, Voyage d'une Française en Suisse et en Franche-Comté, 1790

Ses habitans ne sont soumis à aucune espèce d'impôt

Nous retournâmes dîner à l'isle Saint-Pierre ; vers quatre heures le vent s'éleva, ce qui ne nous empêcha pas de nous embarquer. Il est assez rare qu'il soit fort sur le lac de Bienne pour rendre la navigation dangereuse. Comme il n'en est pas de même de celui de Neuchatel, qui devient en peu de tems très-orageux, nous fûmes obligés de débarquer, & de coucher à La Neuveville, faite de voitures. Cette petite ville fait partie de l'évêché de Basle. Tout commerce lui est étranger ; ses habitans, au nombre de cinq cents, vivent du seul produit de leur vignoble ; ils ne sont soumis à aucune espèce d'impôt. (...) Au-dessus de la ville, on apperçoit les restes du château de Schlossberg, qui lui servit long-tems de défense.

 

Extraits de : Manuel du voyageur en Suisse, par Richard, édition revue, Paris, Maison, Libraire, [1837]

Par Malleray (où il y a une fort bonne auberge)

Il y a plusieurs charmantes excursions à faire depuis Bienne. (...)
Tavannes (Dachsfelden), joli endroit ; la Couronne est une auberge estimée. Pop. 600 habit. Le château de Tavannes fut réduit en cendres l'an 1499 ; il appartenait à une famille dont le nom figure parmi les magistrats auxquels les évêques de Bâle confièrent le gouvernement du petit Bâle pendant le XIIIe siècle. (...) Le ci-devant couvent de bénédictins de Bellelay, fondé en 1136, est situé à une hauteur considérable sur le Jura, et à 2 lieues de Tavannes, dans une contrée solitaire, au milieu des bois. On remarque dans les cours du couvent la source de la Sorne, qui, au-delà du village de Sornetan, se jette dans les précipices de Pichoux, où l'on descend par un sentier (...)
A Court, dans le val de Moutiers, par Malleray (où il y a une fort bonne auberge), et Bévillard, 2 lieues. De Court à Moutiers, 1 lieue ½. A Bellelay, 2 lieues, toujours en montant ; de là on trouve des chemins pour entrer dans la vallée de Delémont (...)


Extraits de : Hermann Runge, La Suisse. Collection de vues pittoresques, Darmstadt, 1866

La plupart des maisons sont entourées de spacieux et beaux jardins

Avant de continuer, en descendant la vallée, la route qui conduit à Bienne, remontons-la un instant en prenant la route de La Chaux-de-Fonds. A Sonceboz et à Sombeval le sol est déjà fertile, mais il l'est davantage à Corgémont ; c'est là que le vallon atteint sa plus grande largeur. Plus haut, nous trouvons les villages de Cortébert et Courtelary. Le Vallon-de-St-Imier est fertile ; il possède particulièrement bon nombre de belles prairies et beaux pâturages. Les habitants y exercent plusieurs professions, telle que bordage, crochetage, et la fabrication de la dentelle faites au fuseau qui sont estimées par leur finesse et leur solidité.
(...)
Ces deux derniers villages [Sonvilier et Renan] sont bien bâtis et élégants. La plupart des maisons sont entourées de spacieux et beaux jardins, entretenus avec soin. L'industrie horlogère y prédomine de beaucoup sur les autres arts et métiers. C'est dans les environs de Renan que la Suze prend sa source.

 

Mentions de provenance :

Le Jura bernois: Jules Monod, Le Jura bernois, 1902
Neuveville et le Schlossberg, Le Couvent de Bellelay: Album pittoresque du Jura bernois et neuchâtelois, Saint-Imier, 1894

XVe concours jurassien de ski, st-imier et mont-soleil, 28 et 29 janvier 1939

Le document du mois - 23 Oct 2017

A l'occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, Mémoires d'Ici, Centre de recherche et de documentation du Jura bernois, propose la projection numérique du film consacré au XVe concours jurassien de ski à Saint-Imier et Mont-Soleil, les 28 et 29 janvier 1939, vendredi 27 octobre 2017, à 17h30 et 18h30.

Ce document muet de 19 minutes a été réalisé par Pierre Nicolet, pharmacien et photographe à Saint-Imier. Il documente de manière détaillée les trois courses de fond, saut à ski et slalom qui se sont tenues aux alentours de Saint-Imier et à Mont-Soleil en janvier 1939. La pellicule originale a été récemment remise à Mémoires d'Ici qui l'a fait numériser afin d'assurer sa conservation à long terme et de permettre sa mise en valeur.

L'édition du 30 janvier 1939 du journal Le Jura bernois, dont la collection complète est déposée à Mémoires d'Ici, relate ces deux journées en détail. Ainsi, le déroulement des courses, tout comme la soirée officielle, donnent lieu à un récit vivant et coloré :

« Les concours se sont déroulés dans l'ordre du programme. Samedi, course de Fond. Départ et arrivées ont eu lieu dans les champs situés immédiatement au Nord-Est de St-Imier. Un nombreux public a tenu à venir applaudir les prouesses des Freiburghaus, Soguel, Bernath, Cattin, Frey, Krebs.
Pour lui faire prendre patience entre départs et arrivées un haut-parleur amené là par M. Althaus de Sonceboz, diffuse de la musique ou des renseignements sur les courses. [...]
A 16h30, les coureurs sont tous rentrés. Il ne leur reste plus qu'à passer la soirée le plus agréablement possible. [...] Il y a foule aux XIII Cantons et ce n'est que fort tard que cesse l'animation.
Dimanche matin, Slalom [pour dames et messieurs]. 120 concurrents prennent plus de temps que ne le prévoyait le programme. Ce n'est guère que vers 14h. que les membres du jury peuvent songer à se rendre au Sport-Hôtel où les attend le lunch. Aussi, le concours de saut s'ouvrira-t-il avec un peu de retard. [...] 

Le dépouillement des résultats est long. Songez qu'ont pris le départ 68 coureurs de fond plus de 100 coureurs de slalom et environ 80 sauteurs.
Jamais Concours Jurassien n'a connu pareille participation. Aussi n'est-ce qu'à 19h.30 qu'il est possible de procéder à la proclamation des résultats et à la distribution des Prix. C'est dans la coquette salle des Rameaux que la cérémonie que la cérémonie est présidée par M. M. Baehler, président du comité d'organisation. »

Les résultats de toutes les courses, par discipline et par catégorie, sont retranscrits. On apprend, entre autres, que le Chaux-de-Fonniers Eric Soguel (2e au fond, 2e slalom et 1er au saut) et remporte le combiné devant Willy Bernath et Arthur Grosjean.

 

 Vendredi 27 octobre 2017, à 17h30 et 18h30

Mémoires d'Ici, Rue du Midi 6, 2610 Saint-Imier


Entrée libre

Renseignements : Mémoires d'Ici - 032 941 55 55 - contact@m-ici.ch - www.m-ici.ch 


Ces projections s'incrivent dans le cadre du programme élaboré par MEMORIAV pour la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel

http://memoriav.ch/27-octobre-2016-journee-mondiale-du-patrimoine-audiovisuel-wdavh2017/?lang=fr

1872: la fièvre typhoïde à Reconvilier

Le document du mois - 20 Sep 2017

Le 23 janvier 1872, à la demande du canton, deux médecins se rendent à Reconvilier. Ils sont chargés de faire un rapport sur l'épidémie de fièvre typhoïde qui s'est déclarée dans le village. Leurs observations sont aussitôt communiquées aux autorités, puis publiées dans une plaquette. Elles doivent servirent à éradiquer la maladie et, d'une façon générale, mettre en place des conditions d'hygiène et de soins appropriées pour la classe ouvrière.

Par son détail, ce document révèle une image précise - et effrayante ! - des conditions de vie dans ce village du Jura bernois à la fin du 19ème siècle. Chaque page de ce petit livre contient des informations sur les conséquences de l'introduction de l'industrie dans un bourg jusqu'alors essentiellement agricole et artisanal. Une même situation se retrouve alors dans la plupart des localités de la région.
Les médecins relèvent que le récent développement industriel du village a conduit à un accroissement important de la population, sans augmentation parallèle du nombre de logements. Ils comptent une moyenne de plus de dix habitants par maison et une occupation des lits par deux à trois personnes, malades et individus sains confondus. Ils désapprouvent la disproportion entre le prix d'un logis de deux chambres (12 francs par mois) et le salaire des ouvriers (de 2 à 8 francs par jour). Ils déplorent l'impossibilité d'aérer les logements dans lesquels règne, écrivent-ils, « une odeur de ménagerie ». Des infrastructures permettant à la population de se baigner et de laver correctement literies et vêtements font défaut. Les toilettes sont en nombre insuffisant et obligent les habitants à évacuer les excréments de façon primitive dans l'entourage des maisons. L'eau des fontaines provient de sources locales dont le sol est souillé, certains habitants boivent l'eau tirée de la Birse. L'alimentation des ouvriers est pauvre : ils se nourrissent principalement d'un peu de lait coupé avec de la chicorée et de pommes de terre. Sans jugement, les médecins affirment que la consommation d'eau-de-vie tente de couvrir cette insuffisance de nourriture. Les observations se suivent et poursuivent ce tableau de l'indigence ouvrière.
Les médecins préconisent finalement un ensemble de mesures pour remédier à cette situation. Ils espèrent que l'épidémie qui vient de frapper le village fera que cette réforme sanitaire sera acceptée par la population et qu'elle pourra servir d'exemple pour les autres villages du pays.
Ils seront entendus, mais il faudra du temps. L'essor industriel se poursuit. En 1900, le recensement fédéral enregistre 1730 habitants à Reconvilier, alors qu'il y en avait 915 en 1870. La pénurie de logements est telle que la municipalité prévoit la construction de maisons aux « Fraîches ». Des recherches pour disposer d'eau potable provenant de sous Montoz avaient été entreprises en 1881.


La plaquette fait partie de la bibliothèque de Mémoires d'Ici depuis peu.


VOGT, Adolf. Aerztlicher Bericht über die Nervenfieber-Epidemie in Reconvillier Winter 1871/72 nebst Vorschlägen zur Verhütung dieser Krankheit und zur Ausübung der Gesundheitspflege bei der arbeitenden Klasse / erstattet an die Direktion des Innern des Kantons Bern von Adolf Vogt und Adolf Ziegler. - Bern : Fischer, 1872. - 26 p. ; 20 cm