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Mémoires d'Ici - Activités - Dans nos collections

Les « troubles de Vauffelin », 18 octobre 1733

Le document du mois - 05 Mar 2019

En ce mois d'octobre 1733, un nouveau maire doit être présenté à la paroisse de Vauffelin, en remplacement de Philippe Huguelet décédé. Le prince-évêque, en charge des affaires temporelles de la région, désigne Jean Huguelet à ce poste. Le maire de Péry est envoyé au village pour installer officiellement le nouveau magistrat.
La nomination de Jean Huguelet, gendre du Lieutenant Juillard de Tramelan, qui plus est officialisé par un maire voisin et non par le châtelain Mestrezat comme il devrait être, ne plaît guère aux paroissiens de Vauffelin - mais ceux-ci doivent obéissance au prince, même s'il est éloigné.
C'est ainsi dans une ambiance pour le moins tendue que se déroule la manifestation. L'attitude arrogante du pasteur Jean-Jacques Cellier à la fin de son prêche suffit à embraser les esprits et à échauffer les corps. Il se produit alors un grand tumulte - à l'intérieur du temple comme dans les rues du village.
Le pasteur affirme que sa perruque et son manteau lui ont été arrachés, qu'il a dû sortir un petit pistolet et tirer entre les jambes de ceux qui l'environnaient pour effrayer ses bourreaux et qu'il a reçu une grêle de coups qui le couchèrent par terre et dont il ne put se protéger qu'en se couchant sur le ventre. 

Lien vers la retranscription des événements selon le pasteur: 

http://www.m-ici.ch/uploads/microsoft_word_-_mdi_fer_2_353-360_affaire_cellier_1733_selon_le_pasteur_jean-jacques_cellier.pdf 


Les paroissiens quant à eux rétorquent que le récit du pasteur est un tissu de mensonges, qu'ils énumèrent un à un en clamant leur soumission à l'autorité et leur bonne foi - au sens propre : leur texte est soutenu par des citations bibliques. Ils concèdent bien que dans la foule un homme ait pu heurter un peu le justicier Elie Huguelet et qu'on ait un peu touché à la perruque du pasteur, mais sans la lui déranger. Surtout, ils assurent que celui-ci a amorcé son pistolet à l'intérieur même de l'église tout en se réclamant de l'autorité du prince. Ils énumèrent les combats à l'épée par les alliés de l'homme d'église contre les paroissiens venus mains nues, ils certifient que le pasteur était connu pour avoir eu cinq ou six pistolets et que sur la route qui le menait à Vauffelin, il s'était déjà arrêté à Frinvilier et à Reuchenette pour en prendre trois. Enfin, on lui reproche aussi sa scandaleuse conduite, lui qui quelques jours avant les événements de Vauffelin avait négligé le service divin - « ce qui donne à connaître qu'il avait plus les amourettes en tête que son devoir » !
Les paroissiens demanderont vainement la révocation de leur pasteur au prince évêque - mais en retour aucun des agresseurs de cette journée ne sera condamné. Pour anecdotiques qu'ils paraissent, ces événements sont un épisode important des troubles ayant eu lieu au début du 18ème siècle dans l'Evêché de Bâle, qui conduiront en Ajoie à la décapitation de Pierre Péquignat.

Lien vers la retranscription des événements selon les paroissiens :

http://www.m-ici.ch/uploads/microsoft_word_-_mdi_fer_2_361-368_affaire_cellier_1733_selon_les_paroissiens..pdf

 

Mémoires d'Ici conserve dans ses rayons un volume contenant les copies de documents divers minutieusement récoltées par le pasteur de Tavannes Théophile Rémy Frêne. Ce manuscrit appartient au Synode de l'Arrondissement ecclésiastique du Jura de l'Union synodale réformée évangélique Berne-Jura. Il a été décrit par Rossella Baldi et peut être consulté à l'adresse :
https://www.e-codices.unifr.ch/fr/searchresult/list/one/mdi/FER-0002
Les textes présentés ici sont tirés de ce manuscrit.

Pour mieux connaître le contexte historique :


Charles-Dagobert Voumard, « Les troubles en Erguel, la Déclaration souveraine de S.A. Ie Prince-Evêque Jacques-Sigismond de Reinach-Steinbrunn du 23 juin 1742 et ses conséquences » Actes de la Société jurassienne d'émulation, 1927, p. 223 à 246 : https://www.e-periodica.ch/digbib/view?pid=asj-006:1927:32#253


Louis Chappuis, « Un communier de Tramelan, Châtelain d'Erguel, Benoît-Aimé Mestrezat / Louis Chappuis », Actes de la Société jurassienne d'émulation, 1928, p. 61 à 100 : https://www.e-periodica.ch/digbib/view?pid=asj-006:1928:33#85

 

 

Fonds ancien de la Bibliothèque communale et scolaire de Renan

Le document du mois - 12 Nov 2018

Le fonds ancien de la Bibliothèque scolaire et communale de Renan est composé de près de 400 ouvrages. 

 

On peut le qualifier de "bibliothèque populaire", comme on en trouvait dans la seconde moitié du 19e siècle.
Le développement des bibliothèques populaires accompagne le développement de l'alphabétisation, avec l'idée qu'il faut mettre des ouvrages de tous types à disposition du plus grand nombre pour permettre au peuple de s'éduquer et de se cultiver. 

 


C'est, de ce fait, un fonds relativement éclectique, on y trouve aussi bien des ouvrages littéraires que scientifiques, de la théologie que de l'histoire militaire. Il est particulièrement riche en romans historiques, récits de voyages et d'expéditions.
[Lien sur le catalogue]
Ce fonds patrimonial s'inscrit très précisément dans la mission de conservation du Centre de recherche et de documentation du Jura bernois. Il s'agit de conserver des documents qui ont traversé les siècles passés afin de les transmettre aux générations futures. Il s'agit également de sauvegarder une collection représentative des lectures des habitants de notre région, de garder une trace des textes et des illustrations de cette époque.
Ces ouvrages figurent désormais dans le catalogue de la bibliothèque de Mémoires d'Ici. Bien que conservés dans une réserve, ces documents anciens sont librement consultables dans nos locaux.

Les Amis de la Nature dans le Jura bernois

Le document du mois - 14 Aoû 2018
Ne devient pas un Ami de la Nature qui veut dans les années 1940, à Saint-Imier comme partout ailleurs

Née à Vienne en 1895, l'Union touristique des Amis de la Nature souhaitait alors promouvoir des loisirs susceptibles de régénérer le corps et l'esprit des nouveaux travailleurs de l'industrie. Contrairement à d'autres mouvements nés à la même époque et exprimant le vœu d'un retour à un mode de vie naturel, cette société s'adressait, sinon aux ouvriers, du moins aux partisans du socialisme. Le mouvement s'implanta en Suisse dès 1905, une section locale vit le jour à Saint-Imier en 1909.

Pour obtenir sa carte de membre, cet aspirant Ami de la Nature admet s'engager dans une « société culturelle basée sur les principes du socialisme » et qui a pour devoir de « faire ressortir clairement cette tendance chaque fois que l'occasion s'en présente ». Le « bourgeois » en est d'ailleurs explicitement exclu par les statuts de 1938. 

 



Carte de membre d'un Ami de la Nature St-Imier, avec timbres de cotisations 1946 et 1947 en esperanto: « Naturamikoj ».

 

 

Les mêmes statuts nous renseignent sur les buts généraux de la société : inculquer à ses membres « la vraie solidarité, basée sur le sentiment de la communauté socialiste [...], développer le peuple ouvrier physiquement et moralement par des excursions, l'alpinisme et des voyages en vue de l'amener à une conception raisonnable de la vie sociale. » 

La section locale imérienne s'installe d'ailleurs dans la Maison du peuple en 1926, aux côtés de sociétés « sœurs » comme le Cercle ouvrier, le parti socialiste et les fanfares et chorales ouvrières. 

Les « camarades » organisent ensemble la manifestation annuelle du 1er mai, des conférences et projections de film. Ils concoctent surtout les activités de loisirs qui répondent à leurs besoins de délassement et de sociabilité : les « soirées familières » et la piste de jeu de boules de la Maison du peuple ont grande réputation.

 

Le dimanche, les Amis de la Nature de Saint-Imier et leurs familles s'échappent dans leur chalet du « Berg frei », inauguré en 1931 au Mont-Soleil. À l'occasion, ils mettent sur pied des courses plus longues, dans les Alpes, à la campagne ou en ville. Elles leur permettent d'aller à la rencontre d'autres Amis et « camarades » qui ne manqueront pas de les héberger et de leur faire honneur, à grand renfort de discours, cortèges et soirées dansantes. 

Ces virées festives peuvent se muer en « excursions sociales », telle celle qui emmena le 11 septembre 1948 83 membres de la Musique ouvrière et des Amis de la Nature dans les quartiers ouvriers de Mulhouse. 

 

Les archives des Amis de la Nature, du Cercle ouvrier et des Musiques ouvrières ont été partiellement conservées dans les combles de la Maison du peuple jusqu'au moment de sa rénovation en 1989. Elles sont aujourd'hui accessibles à Mémoires d'Ici sous la mention « Cercle ouvrier-Maison du peuple Saint-Imier ».

© Fonds Cercle ouvrier-Maison du peuple, Mémoires d'Ici

 

Couleurs d'été dans la région - carnet d'images

Le document du mois - 05 Jul 2018

© Mémoires d'Ici, Familles Calame-Rosset

L'émission de la Télévision suisse romande Couleurs d'été s'arrêtera à Cortébert (18 juillet 2018), à Bienne (3 août 2018) et au Chasseral (6 août 2018). A cette occasion, Mémoires d'Ici a préparé un carnet réunissant quelques images anciennes de ces lieux. Vers le carnet

A vous de compléter les dossiers en plaçant sur Notrehistoire.ch des photographies contemporaines de ces lieux selon le même point de vue et dans un même cadrage !

Bel été !

 

De la difficulté d'être organiste...

Le document du mois - 13 Jui 2018

Il est parfois difficile d'être reconnu comme musicien au village, même lorsqu'il s'agit d'assurer l'entretien du chant religieux !
En témoigne cette lettre adressée en 1841 au Doyen Morel et à la paroisse de Corgémont et Cortébert. L'organiste J. Villoz se plaint de son salaire de misère, alors qu'il a passé des centaines d'heures à exercer son art et qu'il a acheté lui-même un piano pour se perfectionner. Avec son salaire de 50 francs annuels, il est le moins bien payé de ses collègues - de Péry ou de Saint-Imier, sans parler de ceux de Berne ou de Bienne ! Pour lire la lettre complète : transcription (PDF)

Mémoires d'Ici, Fonds Doyen Morel (Commune de Corgémont)